samedi 24 septembre 2016

Kayak en Colombie!

En 2015, on est parti avec Fafa pour naviguer quelques semaines en Colombie. Magnifique pays, belles découvertes, nouvelles façons de naviguer en mode expédition... du bonheur!


Voici les deux vidéos qui résument notre périple, ainsi qu'un petit article avec photos:




Rien de tel que de partir sous le soleil d’Amérique Latine pour naviguer au chaud dans un pays magnifique. Sur place, on a vite retrouvé Morgan Arnaud, alias « cadox » (qui n’a plus rien d’un cadet), et tout s’est super vite enchainé. De bus en bus, on allait de rivières en rivières. L’originalité des transports nous a beaucoup plu : on envoyait nos sacs de bagages dans la soute d’un bus en direction de la ville qui nous intéressait pour qu’ils nous attendent stockés au terminus. Pendant ce temps, on partait sur l’eau pour plusieurs jours en autonomie (en moyenne 2 ou 3 jours) jusqu’à notre point de chute. De là, il fallait sortir de l’eau, trouver un taxi ou un petit bus pour nous amener à la ville la plus proche. On y récupérait nos bagages au terminus et on recommençait un peu plus loin, sur une nouvelle rivière.



De cette manière, on a pu découvrir bon nombre de classiques de Colombie en peu de temps (Rio San Juan, Rio Calderas, Rio Samana, Rio Negro, Rio Suarez…) en commençant notre trip à partir de Medellin pour finir du côté de San Gil.
Ce qui m’a beaucoup plu, c’est de naviguer en multi-days, c’est-à-dire en autonomie sur plusieurs jours. C’est un style de navigation particulier et c’est à ça que ressemble la véritable aventure en kayak. On réparti la bouffe dans plusieurs sacs étanches, chacun les enfourne dans sa pointe arrière, on prépare son hamac et sa bâche pour dormir, une machette pour la jungle, du feu et deux casseroles cabossées. Une fois que tout est bien compacté à l’arrière du bateau, c’est parti. Et la grande découverte de ce genre de navigue, c’est qu’un bateau chargé comme une mule, dans un rapide V, ça change la donne ! Les premiers jours, j’ai eu du mal à m’habituer. Il faut anticiper tous les mouvements, car le poids du bateau donne de l’inertie et on peut oublier de changer de direction au dernier moment, sauf si on a des bras de bucherons. Une fois qu’on s’est habitué, c’est un pur bonheur. On a passé toutes nos journées sur l’eau, à descendre des rapides magnifiques.


Le repas du soir au coin du feu
L'hôtel

On embarquait après un petit-déj au bord de la rivière. Vers 16h30, on commençait à scruter les berges en vue d’une petite plage pour débarquer et poser le campement. Une fois celle-ci trouvée, on prenait soin de monter nos bateaux assez haut par rapport au niveau de l’eau. Un orage en pleine nuit peut noyer une rivière et emporter tout sur son passage. C’est déjà arrivé en Colombie, et certains en ont payé le prix fort. Ensuite vient le moment de poser son hamac. Des arbres, il y en a partout, ça prend cinq minutes de s’équiper pour dormir. On tend une bâche par-dessus en cas de pluie, puis on se met à chercher du bois sec pour le feu. On se met ensuite à sortir nos provisions de nos sacs étanches. On a plutôt bien mangé (riz et poulet au curry, pates à la sauce tomate… c’est à peu près tout !). On est vite limité quand on choisi de la bouffe qui dois supporter un trip de plusieurs jours, sous la chaleur et l’humidité.


Du côté des rivières, la Colombie offre de nombreuses possibilités. Il y en a partout ! Et les rapides sont vraiment énormes ! Ce qui nous a fait bizarre au début, c’est de se réhabituer à naviguer dans du volume. D’abord parce qu’on sortait de l’hiver en France (on a passé plus de temps à skier qu’à naviguer), ensuite parce que les rivières à volume en France, il y en a quasiment pas. Du coup il a fallu se remettre à lire la rivière dans une autre dimension : des berges larges, un relief qui change tout le temps, des lignes qui se perçoivent à peine quelques fois… et des bons gros trous, des rouleaux qu’on préfère regarder de côté plutôt que de tomber dedans en travers. Après deux jours d’acclimatation sur le Rio San Juan, les potes nous envoient sur le Rio Calderas. A ce jour, c’est une des rivières les plus difficiles que j’ai navigué. C’était génial, mais intense : la pente y est très forte, la puissance se ressent dans les veines d’eau très rapides, la rivière est large et accepte un gros débit, ce qui donne des sensations de vitesse dont on se souvient. Par contre, il faut faire gaffe à certains détails : les énormes blocs de rocher ne sont pas tous stabilisés, on aperçoit des siphons. Attention aux rouleaux et à quelques rappels. Heureusement, tous les rapides peuvent se porter. Nous, on en a porté six. Leur difficulté tenait non seulement à la forte pente et aux mouvements d’eau qui donnaient l’impression de pouvoir se faire emporter comme une coquille de noix vers des trous ignobles, mais aussi à la longueur des rapides. L’un deux faisait plus de 700m de long, avec une quantité de seuils à franchir et d’énormes rouleaux à sauter. Ce fameux rapide s’appelle « Gracias a Dios ». En effet, quand Jules Domine et Cadox ont ouvert cette rivière, Cadox a nagé dans ce rapide. Encore maintenant, quand on a vu la gueule du machin, on se demande comment il  a pu s’en sortir vivant à la nage. Donc Gracias a dios !





Du coup, au niveau des sensations, on était servis ! On a trop aimé la beauté du cadre dans lequel on évoluait chaque jour. On a bien rigolé sur les branlées des uns et des autres. On a pu surfer quelques vagues. Bref, c’était du bonheur. Lorsqu’on campait non loin d’un village, on allait y boire quelques bières. Le charme de ces petits pueblo est indescriptible. Les belles couleurs vives des maisons, les chevaux et les ânes qui se baladent dans l’unique rue principale, les motos 125 conduites par des filles de 14 ans avec leur petit frère derrière, et la musique toujours joyeuse qui sortait des bars donnait envie de stopper le temps, et de rester là à boire de coups en disant des conneries.



Il y aurait encore beaucoup à dire sur la Colombie, mais je vais laisser la vidéo et les photos parler d'elles-mêmes. Merci à tous les potes qu’on a croisé sur le trip et qui nous ont aidé de –ci delà. Cadox, Mael, Jules, Gael Caride… 

A bientôt !

Max.












Parfois, des plats interminables














Passages pas toujours évidents!

Débarquement dans un petit pueblo




Avec Fafa



Quand on récupère les nageurs...








Repérage